Studio: Nintendo | Éditeur: Nintendo | Parution: 26 mars 2026 | Genre: Jeu de plateforme | ESRB: E (Tous) | Disponibilité: Switch 1 Switch 2 | Format(s): Numérique & physique | Langue(s): Français écrit et parlé | Durée: ND  | Prix: 29,99$ CAN

Soyons honnêtes dès le départ : si vous n’avez jamais joué à Super Mario Bros. Wonder, arrêtez de lire cet article, achetez le jeu, et revenez nous voir après. C’est l’un des meilleurs jeux de plateforme 2D des dernières années, point. La question qui nous intéresse aujourd’hui est différente et s’adresse aux joueurs qui connaissent déjà le jeu depuis sa sortie sur Switch originale en 2023 : est-ce que le contenu additionnel de cette édition Switch 2, baptisé Rencontre au Parc Bellabel, justifie les 29,99 dollars du pack de mise à niveau ?

La réponse courte est oui, mais avec des nuances qui méritent d’être expliquées en détail. Parce que Nintendo a fait un choix créatif assez surprenant avec ce contenu additionnel, un choix qui ne plaira pas à tout le monde mais qui, une fois qu’on y plonge vraiment, révèle une proposition plus généreuse et plus originale qu’elle n’y paraît au premier coup d’oeil.

Super Mario Bros. Wonder, deux ans plus tard : toujours aussi bon

Avant de parler du nouveau contenu, un rappel rapide pour ceux qui auraient besoin de se remémorer pourquoi ce jeu avait autant fait parler de lui à sa sortie.

Super Mario Bros. Wonder est une leçon de level design. Nintendo a pris la formule du jeu de plateforme 2D qu’elle maîtrise mieux que personne depuis quarante ans, et elle l’a secouée dans tous les sens grâce à un objet central : la Fleur Prodige. Chaque niveau contient une de ces fleurs, et quand on l’active, quelque chose d’inattendu se produit. Les tuyaux prennent vie et se mettent à se déplacer. Mario se transforme, des ennemis déferlent vers l’objectif et Le niveau entier se retourne à l’envers. Ces transformations durent rarement plus d’une ou deux minutes, mais elles suffisent à faire de chaque niveau une expérience distincte et mémorable.

À ça s’ajoutent les badges, ces modificateurs d’habiletés qui changent la façon dont le personnage se déplace : sauter plus haut, planer avec sa casquette, accrocher une liane vers les plateformes et les murs. Ces insignes peuvent être équipées librement avant d’entrer dans un niveau, ce qui permet de personnaliser son approche et d’augmenter la difficulté ou la créativité selon ses envies.

Le multijoueur était déjà une composante centrale du jeu original : jusqu’à quatre joueurs en local ou en ligne, avec un système de fantômes qui permet de ressusciter un coéquipier en le touchant. C’est un multijoueur inclusif et bien pensé, qui permet à des joueurs de niveaux très différents de s’amuser ensemble sans que les moins habiles n’aient l’impression de ralentir le groupe.

Deux ans après, tout ça tient toujours parfaitement la route. Le jeu n’a pas vieilli d’une ride. Et en 4K sur Switch 2, il est encore plus beau, même si sur ce point précis on nuancera : Wonder était déjà superbe sur Switch originale, et le passage à la 4K est agréable mais pas transformateur. Les joueurs sur grand écran le remarqueront clairement, les autres moins. Ce n’est pas un reproche, c’est simplement la réalité d’un jeu dont le style artistique n’avait pas vraiment de limitations techniques à surmonter.

La compatibilité GameShare est en revanche un ajout concret et utile : une seule copie du jeu suffit pour jouer à quatre localement, chaque joueur sur sa propre console. C’est exactement le type de fonctionnalité qui justifie l’existence de la Switch 2 en tant que plateforme sociale.

Le Parc Bellabel : un Mario Party en 2D

Le nouveau contenu de cette édition Switch 2 s’appelle Rencontre au Parc Bellabel, et il s’ouvre via un nouveau portail accessible depuis la carte du monde du jeu principal. L’introduction est rapide : les sbires de Bowser débarquent et volent les fleurs précieuses du parc. Toad et sa bande de volontaires montent une équipe de secours, et on se retrouve embarqué dans l’aventure.

Ce contenu se divise en deux parties distinctes, et elles n’ont pas du tout le même poids dans l’expérience globale. La première est un mode histoire composé de sept nouveaux niveaux cachés dans les mondes du jeu principal. Ces niveaux suivent une structure similaire à ceux du jeu de base mais incluent chacun un affrontement contre un boss à la fin, le tout sous l’effet d’une Fleur Prodige. Les boss sont variés, certains ont des mécaniques amusantes, et les effets de la Fleur introduisent des situations inédites. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est soigné et fidèle à l’esprit du jeu.

Le problème, c’est la durée. En moins de 45 minutes, ces sept niveaux sont bouclés. Et la rejouabilité est limitée : une fois qu’on connaît les effets de chaque Fleur et les patterns des boss, il n’y a pas grand chose qui incite à recommencer. Si ce mode histoire avait constitué l’intégralité du contenu additionnel, les 29,99 dollars du pack de mise à niveau auraient été difficiles à justifier.

Mais il y a la deuxième partie, et c’est là que Bellabel révèle ce qu’il est vraiment : un Mario Party en 2D, avec la jouabilité d’un jeu de plateforme. Et c’est beaucoup plus généreux que ce que la description laisse imaginer.

Le multijoueur de Bellabel : là où le contenu est vraiment

Le Parc Bellabel propose trois zones de jeu distinctes, chacune avec ses propres modes et ses propres règles. Avant même d’y accéder, on passe par une esplanade qui sert de hub central, avec le campement des Toads, une boutique et quelques secrets à dénicher. Dans ce campement se trouvent les Pratiques de l’Escouade Toad, un ensemble d’épreuves réalisables seul ou en groupe qui servent d’introduction aux mécaniques du contenu.

Ces épreuves ont toutes un objectif à accomplir dans un temps limité : ramasser un certain nombre de pièces, éliminer des ennemis, atteindre l’arrivée sous certaines conditions, maintenir l’effet d’invincibilité jusqu’à la fin d’un niveau. Cinq catégories, plusieurs épreuves par catégorie, une difficulté progressive indiquée par des flammes. Les récompenses prennent la forme d’écussons qui reconnaissent notre niveau de maîtrise, et de gouttes d’eau de Bellabel, la monnaie propre à cette section du jeu. Ces gouttes servent à arroser des pousses éparpillées dans le parc, qui font pousser des plantes décoratives et de nouvelles insignes, des combinaisons inédites de deux insignes existantes du jeu de base.

La première zone de jeu proprement dite est dédiée au multijoueur local, jusqu’à huit joueurs. Les épreuves sont variées : certaines coopératives, d’autres compétitives. Ramasser plus de pièces que les adversaires, éliminer des ennemis à l’aide d’un lance-pompons, nourrir son Yoshi plus vite que ceux des autres joueurs, une sorte de cache-cache où un joueur porte un masque de fantôme et doit débusquer les autres qui peuvent se déguiser en éléments du décor pendant les coupures de lumière.

D’autres épreuves demandent de se coordonner pour donner exactement le bon nombre de sauts dans un niveau, de se répartir le contrôle d’un personnage, un joueur gérant les déplacements et l’autre les sauts, des relais où il faut passer une bombe Bob-omb au bon équipier avant qu’elle n’explose. Ces modes coopératifs sont parmi les plus amusants du lot parce qu’ils créent des situations chaotiques et des fous rires garantis.

La deuxième zone est la place des Salles de Jeu, dédiée au multijoueur en ligne jusqu’à douze joueurs, ou en local jusqu’à huit, mais ici chaque joueur doit avoir sa propre copie du jeu, sans possibilité de GameShare. Les épreuves sont davantage orientées vers la compétition pure : des courses avec des vaisseaux ailés, des fleurs hélice, des balles rebondissantes ou des patins. Chaque variante compte au minimum dix niveaux différents, parfois jusqu’à vingt-deux. Il y a aussi une Course labyrinthe où les obstacles et les plateformes sont invisibles jusqu’au contact, ce qui crée une expérience particulièrement désopilante la première fois.

La troisième zone permet de sélectionner entre une et dix épreuves tirées aléatoirement parmi le contenu disponible, avec le choix de la difficulté et du type de jeu, coopératif ou compétitif. C’est un bon moyen de varier les plaisirs sans avoir à choisir manuellement.

Ce qui fonctionne et ce qui résiste moins bien

Quand on joue à Bellabel en bonne compagnie, le contenu livre exactement ce qu’il promet. Les épreuves sont bien conçues, variées, et certaines d’entre elles sont véritablement brillantes dans leur simplicité. Le cache-cache avec les transformations en éléments du décor est une idée géniale. Les épreuves de coordination forcée créent des dynamiques de groupe uniques. Et la progression du parc lui-même, avec ses plantes qui poussent et ses nouvelles insignes à débloquer, donne un objectif à long terme satisfaisant.

Mais il y a des limites réelles qu’il serait malhonnête de passer sous silence.

La première concerne le mode en ligne. Pour y accéder, il faut obligatoirement un abonnement Nintendo Switch Online actif et au moins un ami qui possède également une copie du jeu. Il est impossible de rejoindre des parties avec des inconnus. Le système de salles de jeu pour regrouper les joueurs fonctionne mais paraît daté par rapport à ce que la concurrence propose. Nintendo protège ses jeunes joueurs, on comprend la logique, mais en 2026 il existe des façons plus élégantes d’atteindre cet objectif sans sacrifier autant de flexibilité.

La deuxième concerne le recyclage. La grande majorité des niveaux utilisés pour les épreuves multijoueur sont des niveaux du jeu principal, parfois légèrement modifiés, parfois pas du tout. Pour un contenu vendu 29,99 dollars, on aurait apprécié davantage de niveaux spécialement conçus pour le multijoueur. Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est perceptible.

La troisième est plus fondamentale : tout ce contenu multijoueur requiert des gens avec qui jouer. Seul, le Parc Bellabel se résume au mode histoire de 45 minutes et aux Pratiques de l’Escouade Toad, ce qui est nettement insuffisant pour justifier le prix du pack. Si vous jouez principalement en solitaire, cette mise à niveau n’est pas pour vous.

Prix et pour qui

Le pack de mise à niveau est disponible à 29,99 dollars pour les propriétaires de la version Switch originale. Le jeu complet en édition Switch 2 est vendu 109,99 dollars en format physique ou numérique.

C’est le prix de mise à niveau le plus élevé que Nintendo ait proposé pour ses éditions Switch 2 jusqu’à présent, et il se justifie par le volume de contenu multijoueur inclus, à condition d’avoir les conditions pour en profiter pleinement. Pour une famille avec plusieurs joueurs, pour un groupe d’amis qui se retrouvent régulièrement, pour quelqu’un qui organise des soirées jeux, c’est une proposition très solide.

Pour un joueur solo ou quelqu’un dont l’entourage ne joue pas, c’est une autre histoire. Dans ce cas, l’amélioration 4K et le mode histoire de 45 minutes ne valent pas 29,99 dollars, et il vaut mieux attendre une occasion ou simplement rester sur la version Switch originale.

Verdict

Super Mario Bros. Wonder est toujours l’un des meilleurs jeux de plateforme disponibles, et cette édition Switch 2 ne change rien à cette réalité. Le Parc Bellabel est un ajout créatif et généreux qui prend le jeu dans une direction inattendue, celle du party game en 2D, avec suffisamment de contenu et de variété pour occuper de longues soirées en bonne compagnie.

Ce n’est pas ce qu’on aurait demandé en premier si on avait eu le choix. De nouveaux mondes, de nouveaux niveaux, de nouveaux effets de Fleur Merveille dans la continuité de l’aventure principale, voilà ce qu’on aurait voulu voir. Mais le Parc Bellabel est ce qu’il est, et dans les conditions appropriées, avec les bonnes personnes autour d’une télé ou réunies en ligne, il fait exactement ce pour quoi il a été conçu : créer des moments de jeu mémorables, chaotiques et joyeux. Et ça, ça n’a pas de prix.

Test de jeu - Score 9

95%
Visuel
95%
Audio
100%
Gameplay
100%
Rejouabilité
Ce qu'on aime beaucoup
  • Level design toujours exceptionnel et inventif
  • Les Fleurs Prodiges offrent des situations uniques et mémorables
  • Contenu multijoueur du Parc Bellabel riche, varié et très amusant
  • Excellente accessibilité en coop (local et en ligne)
  • Compatibilité GameShare pratique et pertinente
  • Progression du parc et systèmes d’insignes motivants sur la durée
Ce qu'on aime moins
  • Mode histoire additionnel beaucoup trop court (moins de 45 minutes)
  • Contenu multijoueur peu intéressant en solo
  • Recyclage important des niveaux du jeu principal

Pour connaître les critères de notre système de notation, visitez cette page.

Youssef Amenzou

Passionné de gaming depuis mon enfance, c'est grâce à Final Fantasy VII que cette flamme s'est allumée. Ce jeu emblématique a marqué mon parcours, alimentant ma passion pour les aventures virtuelles. Toujours à la recherche de nouvelles expériences, je m'immerge dans des univers captivants avec la même excitation que celle ressentie devant l'écran de FFVII.

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