L’Hibernie à besoin de deux gaulois moustachus, petit et gros… hem enrobé, de préférence. Des volontaires?

Merci à Microïds et Osome Studios qui nous ont gratuitement fourni une copie du jeu afin d’en faire la couverture médiatique et le test. L’éditeur/développeur nous autorise par conséquent à diffuser et/ou utiliser des extraits du jeu pour nos besoins de production et n’intervient d’aucune façon dans l’attribution de la note finale. #Article13Free

Une gauloiserie XL de plus…

Ces derniers temps, la licence Astérix a été particulièrement « pressée » tel un citron sicilien… Pensez donc, après le Astérix & Obélix XXL 3 : le Menhir de Cristal en 2019, Astérix et Obélix XXL: Romastered en 2020 et Astérix et Obélix: Baffez-les tous ! l’an passé, nous pensions voir enfin quelque chose de plus original de la part de l’éditeur Microïds, pourtant très actif ces derniers temps.

Mais, hélas, ce n’est pas la voie de l’originalité qui a été retenue par le studio lyonnais Osome Studio pour cette licence. Par conséquent, avec l’apparition de ce Astérix & Obélix XXXL: Le Bélier d’Hibernie, nous nous interrogeons légitimement sur les apports possibles d’une telle suite pour amuser même les plus jeunes d’entre nous.

Rappelons d’ailleurs, pour le contexte, que les derniers jeux de la licence n’avaient pas franchement brillé. Mais les Lyonnais, après un très bon jeu d’aventure concernant la licence des Schtroumpfs (Les Schtroumpfs: Mission Malfeuille) l’an passé, sont repartis plein de confiance (excès ?) pour envoyer nos héros gaulois, Astérix et Obélix, vers un autre pays celtique : L’Irlande (Hibernie en romain dans le texte 😊) …

Sauvetage de l’île d’Émeraude

La conquête romaine ne s’est évidemment pas arrêtée en Gaule et c’est désormais l’île d’Émeraude qui semble plus menacée que jamais ! Alors, face à la puissance des légions romaines, les celtes irlandais vont demander de l’aide à leurs amis celtes de Gaule (Armorique… faut suivre !) et naturellement c’est Astérix, l’intrépide et futé guerrier du village des irréductibles, qui est désigné dans cette noble tâche.

L’occasion, pour notre héros national, de découvrir l’exubérance irlandaise et leur accueil inimitable. A ce titre de nombreux dialogues auront de très nombreuses références à la culture irlandaise, notamment la culture pop. Une façon assez facile pour rendre les écritures plus agréables et amusantes à lire.

Des efforts artistiques

Nous démarrons en Gaule, l’occasion de découvrir le moteur graphique d’Osomo Studios. Il faut reconnaitre que le plaisir visuel est bien présent comme il l’avait été lors de la découverte et test « Schtroumpfes mission Malfeuille » fait l’an passé. Coloré, varié avec un souci du détail, il est très plaisant de contempler le soin apporté aux environnements naturels d’une manière générale. Coté personnage, sur les illustrations des dialogues, c’est un peu moins vrai. Et à ce titre, il aurait été préférable de choisir des illustrations de la BD plutôt que de réaliser des dessins 3D assez génériques qui finissent par déformer nos héros… et l’idée que l’on s’en fait. 

Dommage aussi, une fois la Manche et la mer d’Irlande franchies, de découvrir les lieux de notre voyage finalement très similaire à celui de la Gaule armoricaine, ce qui n’étonnera personne. La variété en prend un coup et cela vient un peu créer une certaine répétitivité visuelle. Coté son, Osome Studio a été inspiré par les cornemuses et par les harpes celtiques. Les musiques sont douces ou rageuses lors des combats et apportent réellement un accompagnement positif à cette aventure déjà plutôt bien dessinée. La voxographie des personnages est très présente également quoiqu’inégale sur la qualité rendue. En effet, nous (les anciens) sommes tellement attachés à Pierre Tornade (Obélix) et Roger Carel (Astérix) dans leur temps que les voix offertes nous paraissent un peu fade.

Quoi de neuf? Pas grand chose…

En dépit de quelques imperfections, le travail artistique est donc de bonne facture et, surtout, en net progrès par rapport à ce qui avait pu être fait pour les anciens XXL. Attaquons désormais ce que le jeu offre en contenu et s’il est toujours aussi délassant de cogner du romain ! Un constat est clair : il n’y a pas d’effets de surprises. Ce jeu reste fidèle à la série des XXL. Aussi, on retrouve un mélange de beat’em all et d’énigmes. Pour cet épisode, nous ressentons un net avantage à la baffe plutôt qu’à la réflexion. Alors pour nous tenir en haleine lors des combats, Osome Studio a mis l’accent sur un item en particulier : les objets.

Oui, les objets sont très nombreux, il y en a des dizaines, et par conséquent, ils sont devenus cruciaux. Cruciaux pour le combat, mais aussi pour déjouer les énigmes et obstacles. Il faudra des objets pour frapper, pour lancer, pour détruire des éléments particuliers. Obélix, trop souvent secondaire dans les jeux de cette licence, pourra, à ce titre, se distinguer un peu en portant des objets inaccessibles pour Astérix. Le maître d’Idéfix peut soulever des tonneaux, des menhirs, ce qui apportera un peu plus de piment lors des combats.

Des baffes oui ! Mais pour le plaisir?

Parlons baffes justement. Ça cogne méchamment, à la « gauloise » c’est-à-dire de manière désorganisée ! Souvent, on fonce dans le tas, afin de monter notre jauge d’énergie pour atteindre les coups spéciaux. On peut même toucher au summum, le fameux état frénétique donné par la potion magique. Heureusement, ils ne l’ont pas oubliée ! 

Lors de ces phases de combat, on ressent un certain plaisir, une fluidité qui donne envie de rentrer dans la mêlée ! Les objets apportent un peu de divertissement, comme les bouées qui rebondissent de romain en romain, ce qui arrive même à nous faire sourire ! Néanmoins, si quelques ajouts, tel le rôle du centurion par ex, sont là, on n’arrive pas à entrevoir de vraies innovations de gameplay. Finalement, on se surprendra de boxer avec seulement trois boutons ! La subtilité ou la combinaison ne sont pas de mise ici. Limité dans les coups, comme dans les mouvements, on ne peut ni sauter en hauteur (juste dasher), ni nager…

Pas de subtilité

Il reste évidemment le deuxième cœur de la série XXL : les « puzzles ». En effet, la série profite de la présence des deux compères pour leur octroyer un rôle dans la mise en place d’actions segmentées dont le but évident est le plus souvent d’ouvrir une porte. Mais, là aussi, l’enthousiasme retombe assez vite. Que ce soit dans les phases de recherche ou d’énigmes, vous ne mettrez pas longtemps à deviner ce que l’on attend de vous. Là non plus, la complexité a été mise aux oubliettes pour un public clairement désigné.

Alors, on pourra se tourner vers les mini quêtes (casques d’or) ou des objectifs chronométrés mais tout cela est annexe. Seul le multijoueur (jusqu’à 4 joueurs) permet d’offrir un réel divertissement. A part cela, la progression est si rapide que l’on n’a pas le temps de se cranter réellement dans l’aventure qui file plus vite qu’une claque d’Obélix. Enfin, on notera quelques bugs de caméra un peu énervants par moment.

Le XL de trop…

Finalement, c’est l’essoufflement de la série qui prédomine en Hibernie. Si l’aspect artistique et le divertissement de cet opus ne souffrent pas vraiment de reproches, l’aventure ne parviendra pas à accrocher même les plus fidèles du genre. L’aventure est courte et la rejouabilité demeure une problématique dont le studio n’a que partiellement pensé à travers le multijoueur. La licence suffoque un peu, toujours en quête d’originalité et d’innovations, c’est incontestable.  A près de 55$ CAN (environ 40€) ça fera crisper. 

Microïds doit trouver une autre formule, telle une aventure à la 3eme personne, en 3D comme le dernier schtroumpfes ou, alors, un vrai jeu de puzzle qui raviverait les fans de la série toujours sur les rangs. Mais le mixe beat’em all / énigmes, correct soit-il, a désormais vécu. Une page doit se tourner pour le bien de la licence et des fans de tous les âges.

Verdict

Test de jeu - Score 6

  • 70%

    Visuel

  • 75%

    Audio

  • 60%

    Gameplay

  • 60%

    Rejouabilité

Ce qu'on aime beaucoup
  • Graphiquement réussi
  • Ambiance sonore
  • Les objets
Ce qu'on aime moins
  • Des énigmes trop simples
  • Pas d’innovation
  • Une série à bout de souffle

Pour connaitre les critères de notre système de notation, visitez cette page.

Prenez note que la version testée est celle sur PC. Le jeu est aussi disponible sur Xbox Series, Xbox One, PS5, PS4 et Switch.

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Frédéric Bouquin

Toujours à la recherche de sources positives il aime rire, comprendre et transmettre. Passionné d’Histoire, de géopolitique et de musique il est épanoui dans sa vie de papa comme dans sa vie professionnelle. Depuis 40 ans déjà il vit un attachement fidèle avec le jeu vidéo notamment les jeux de stratégie.

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