TinyBuild, l’éditeur indépendant connu pour des jeux tels que Hello Neighbor ou Graveyard Keeper, a acquis plusieurs studios dont Moon Moose. Ce dernier nous propose ici le jeu Cartel Tycoon, véritable simulation d’entreprise, dont le but inavouable est plutôt de créer un empire de la drogue. Une idée décalée, une idée russe comme son studio. Alors c’est vraiment ludique de gérer un cartel ?

Merci à Moon Moose Studios et TinyBuild qui nous ont gratuitement fourni une copie du jeu afin d’en faire la couverture médiatique et le test. L’éditeur/développeur nous autorise par conséquent à diffuser et/ou utiliser des extraits du jeu pour nos besoins de production et n’intervient d’aucune façon dans l’attribution de la note finale. #Article13Free

Un SimCartel

Cartel Tycoon est une simulation d’entreprise basée sur une histoire inspirée par le trafic de drogues dans les années 1980. Éviter les cartels rivaux et l’attention des autorités, gagner la loyauté de la population et tenter de résister voilà en gros ce qu’il sera à faire pour devenir un baron de la drogue ivre de pouvoir.

Attention aux finitions…

Le jeu propose d’entrée une cinématique dans le style BD nous projetant dans l’ambiance sud-américaine plutôt sympa permettant de comprendre la base scénaristique. Vous embarquez donc dans la peau d’une petite frappe locale mis en contact avec un mafioso qui souhaiterait développer avec vous un cartel dans le quartier d’Amodo pour commencer. Felix Vijo, votre personnage, s’exécute et une campagne commence.

Ce qui surprend d’entrée c’est la carte qui nous propose des couleurs chaudes accompagnées d’un style graphique assez surprenant qui ne se prend pas au sérieux un peu à la manière d’un Age of Empires Online dans un genre pas si lointain. Oui c’est une atmosphère décontractée, relax plutôt sympa qui colle bien avec le scénario « mafia d’Amérique latine », du moins telle que l’on pourrait l’imaginer…

Évidemment lorsqu’on sort la loupe (ou que l’on zoome un peu) c’est déjà tout de suite moins flatteur pour l’œil. En effet les bâtiments, les véhicules sont assez grossiers dans leur conception ainsi que dans leur animation. Les éléments de la carte (arbres, villes) sont finalement assez répétitifs et peu variés.

Par conséquent si au premier regard nous sommes plutôt agréablement surpris, nous nous rendons compte assez vite d’un manque de finitions évident sur le plan strictement visuel. La patte artistique (portraits des affranchis, menus, cinématiques) est en revanche bien réussie dans l’ensemble et c’est un bon point.

Quand la musique est bonne…

La partie sonore m’a paru plus équilibrée et propose une belle variété de musiques et de sons. Franchement la plupart des morceaux sont bien inspirées et on se laisse facilement imprégner par les sons latinos, percussions rythmés tout en se rappelant les accents eighties du scenario. C’est cohérent.

Les sons sont variés et suffisants en nombre. Chaque bâtiment dispose d’un son propre un peu à la manière d’un SimCity. Les voix sont entièrement enregistrées en français et ça c’est bien ! Bien entendu vous aurez droit à l’accent hispanique un peu caricatural mais plutôt amusant finalement. Celles des lieutenants par exemple vous rappelleront qu’on recrute « des durs de durs » et ça s’entend. Le fun d’un jeu passe aussi par ce genre de détails. Le jeu ne se prend pas au sérieux non plus sur ce plan.

Un jeu de gestion plutôt original sur la forme

Être un parrain n’est pas si courant dans un SimCity-like. Ce n’est pas de tout repos et le jeu va vous le faire comprendre. Si son aspect technique vu précédemment passe bien dans l’ensemble, Cartel Tycoon n’en reste pas moins un jeu de gestion avec de nombreux outils pas toujours évidents à s’approprier.

Oui avant de vous lancer dans la pègre il faut comprendre les tenants et les aboutissants. Dans la forme de nombreuses interfaces sont disponibles (statistiques de vos bâtiments, budget, etc). Ils sont nombreux certes, mais pas toujours utiles (dommage!) et pas toujours ergonomiques (c’est plus embêtant). Certains s’y perdront facilement. Un travail de simplification plus abouti aurait pu permettre une meilleure compréhension du gameplay. Le but du jeu, qui en fait son aspect original d’ailleurs, est d’assurer deux types de business liés entre eux. L’un fait de l’argent sale à travers une économie souterraine (drogues, pot de vin…), l’autre le blanchit avec des affaires disons légales (commerces etc.).

Dans l’unique campagne du jeu vous débuterez dans le quartier d’Amado en tant que « capo » local d’une petite ville, démarrant une petite affaire d’opium. La production est assez simple passant par l’appropriation de fermes, de dépôts et d’ateliers de transformation. Pour les débouchés vous accèderez vite à l’aéroport local. Ce premier cycle mis en route, vous pourrez améliorer le processus en créant par exemple de nouvelles fermes ou en améliorant vos bâtiments existants. Ceci fait, vous vous lancerez dans la phase « blanchiment » en achetant un commerce (compagnie de taxis, financer une église, un centre danse, des manèges).

Rapidement votre atelier vous permettra de camoufler l’opium dans des légumes en provenance de vos fermes. Le port, autre point de vente mais n’acceptant que les produits « légaux », refourguera vos marchandises dissimulées pour deuxième source de revenu. Vous comprendrez que le jeu propose un nombre de combinaisons intéressant dans les produits (cocaïne, meths et ainsi de suite) et les débouchés (aéroport, port, checkpoint).

Pas simple la vie d’un affranchi 

Au bout d’un moment, de nombreux circuits seront en place et votre seul personnage ne suffira plus pour tout gérer. Il faudra constituer une petite bande de malfrats, vos lieutenants, qui vous permettront de faire tourner vos divers business douteux et de protéger vos infrastructures. Et oui, j’aime autant vous dire que l’argent sale pue et attire des cartels adverses qui tenteront assez vite de vous chasser ou d’intercepter vos transports. Mais cela ne s’arrête pas là. Il va falloir jouer serré sur vos approvisionnements et vos débouchés. En effet les surproductions de marchandises sont rapidement flairées par la DEA (Drug Enforcement Administration ou Brigades des stupéfiants en français dans le texte) qui pourront sentir vos diverses combines et réaliser des barrages, des saisies freinant mécaniquement vos entrées d’argent.

Et là, danger ! Toutes vos infrastructures ont des coûts fixes, tous vos mécanismes de blanchiment aussi. Je ne parle même pas des lieutenants qui vous coûteront vos deux bras. Ces terreurs ne se paient pas en monnaie de singe, il faudra les « gaver » sans arrêt et même leur donner du galon pour les convaincre de rester loyaux envers vous !

Plus, encore plus, toujours plus qu’avant !

Vous vous doutez qu’à ce petit jeu vous serez vite dépouillé et mort, le Game Over étant le décès de votre personnage. Pour éviter cette sombre fin il va donc falloir mettre « vos œufs dans d’autres paniers » et vous étendre plus, toujours plus. Il ne va pas être simple de grandir dans la plus grande discrétion possible afin d’échapper aux surveillances de la DEA. Cette surveillance est jaugée avec une jauge dite « terreur » et plus vos crimes seront visibles plus celle-ci augmentera, synonyme de grosses complications à venir. Heureusement il est possible de diminuer ce risque.

Pour ce faire, il faudra revêtir vos belles chaussures glacées de diplomate pour rentrer en négociation avec les élus locaux. Leur mine patibulaire montre qu’il faudra user d’astuces pour assurer vos engagements vis à vis d’eux (sorte de défis à réaliser en somme) afin qu’ils ferment les yeux sur vos futures malversations. En parallèle vous pourrez aussi user de charité avec certains bâtiments en ville (église…), vous rapprocher des villages, pour réduire encore cette jauge de « terreur », que je ne trouve pas très bien libellée (problème de traduction ici comme ailleurs…).

Une fois avoir corrompu les autorités locales vous pourrez prendre le contrôle d’une région non sans vous être préalablement débarrassé des gangs présents en utilisant intelligemment les diverses aptitudes de vos lieutenants. Nous le savons c’est une guerre sans fin et après avoir conquis, il faudra préserver. Plus vous grandirez, plus il faudra monter de manœuvres complexes afin de financer et pérenniser votre empire…

Beaucoup d’ambitions, peu de finitions

Bref un jeu plutôt ambitieux dans le nombre de possibilités de combinaisons, de bâtiments, de personnages. Ce jeu est agréable par son ambiance forte et il faut reconnaitre que les premières heures de jeu sont agréables. Toutefois le jeu pèche essentiellement par son manque de finition. Tout d’abord des graphismes un peu datés tout de même lorsqu’on sort sa lentille de joaillier.

Par ailleurs, hormis l’unique campagne et un bac à sable, le jeu reste assez pauvre en mode de jeu pour l’heure. Un bon tutoriel aurait été un bonus non négligeable pour les débutants en jeu de gestion qui néanmoins sont ravis de pouvoir gérer un empire du crime. En conclusion un jeu riche qui manque de peu la case « surprise de ce début d’année » par son manque de profondeur sur certains plans.

Verdict

Test de jeu - Score 7

  • 60%

    Visuel

  • 80%

    Audio

  • 70%

    Gameplay

  • 70%

    Rejouabilité

Positifs
  • Ambiance réussie
  • Originalité du thème
  • Narration et illustrations de qualité
  • Richesse du gameplay
  • Prix acceptable 21€ (Environ 31$ CAN)

Négatifs
  • Graphismes un peu datés
  • Temps de chargement
  • Peu de modes de jeu (à venir ?)

Pour connaitre les critères de notre système de notation, visitez cette page.

Prenez note que la version testée est celle sur PC.

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Frédéric Bouquin

Toujours à la recherche de sources positives il aime rire, comprendre et transmettre. Passionné d’Histoire, de géopolitique et de musique il est épanoui dans sa vie de papa comme dans sa vie professionnelle. Depuis 40 ans déjà il vit un attachement fidèle avec le jeu vidéo notamment les jeux de stratégie.

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